C’est dès octobre 1944, quelques semaines à peine après la libération de Paris, que Juliette Goldstein, le bras droit ale.

C’est dès octobre 1944, quelques semaines à peine après la libération de Paris, que Juliette Goldstein, le bras droit du directeur du Keren Hayessod en France avant-guerre Nahum Hermann (arrêté et déporté à Auschwitz en 1944, dont il ne reviendra pas), écrit à l’un des représentants de l’Agence juive à Genève, Richard Lichtheim, pour lui suggérer la réouverture des bureaux du Keren Hayessod dans la capitale.

Juliette Goldstein, repliée dans le Sud-Ouest, avait fait partie de la Résistance sous le nom de J. Gauthier et c’est elle qui, dans des conditions matérielles impossibles, alors que tout manque ou est sévèrement rationné, va centraliser le redémarrage de notre organisation après les années terribles de l’Occupation. Elle installe un semblant de bureau dans un studio au 7, rue de l’Isly (8e) et, avec une équipe réduite au minimum, tente de reconstituer les réseaux d’activité du Keren Hayessod.

L’un des principaux thèmes de la collecte qui redémarre sur ce fond de chaos et d’improvisation héroïque est l’appel en faveur des survivants de la Shoah qui, dès la capitulation de l’Allemagne en mai 1945, se retrouvent par dizaines de milliers dans des camps de « personnes déplacées » (terrible euphémisme !) et qu’il s’agit de faire revenir à un quotidien digne de ce nom et, pour beaucoup, de faire arriver en terre d’Israël, alors sous mandat britannique.

De mai à juillet 1946, une campagne en bonne et due forme est menée sur ce thème, et le Keren Hayessod organise à Paris une exposition pour présenter ses buts et son action. Ce sera sa première grande activité publique de l’après-guerre. En voici quelques panneaux, émouvants et captivants dans leur simplicité et par le sentiment d’urgence qu’ils expriment.


Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

*