Arié Abitbol vient d’intégrer le poste de directeur de l’Agence Juive. Il était précédemment responsable du département européen des programmes à longs termes au sein de l’organisation “l’expérience israélienne”. Il arrive à l’agence juive dans une période compliquée, mais c’est aussi une opportunité de changer les chhoses et de relever de nouveaux défis. En tant que directeur de l’Agence Juive, il est responsable des programmes Massa en France. Il dresse pour nous, le bilan d’une année Massa pas comme les autres.

Comment s’est déroulée cette année pour les étudiants qui sont partis dans le cadre de Massa ?
ARIE ABITBOL : C’est une année exceptionnelle qui prouve la force du programme Massa. Les jeunes qui sont partis en sept/octobre 2020, donc 6 à 7 mois après le début de cette pandémie, connaissaient les tenants et les aboutissants de ce séjour. On était juste avant la deuxième vague de corona en Israël et malgré cette conjoncture -ils savaient que l’année avait été laborieuse à tous les niveaux – malgré cela, on a eu de nombreux participants pour les différents programmes Massa. Notamment pour les programmes post-bac, on est restés sur les mêmes chiffres que l’année précédente, de façon très étonnante.

Et pour les autres programmes ?
Pour les programmes post-universitaires, notamment les stages professionnels, c’est un peu plus compliqué, car ce sont cinq sessions qui ont lieu dans l’année. Les deux premières, celle de septembre et octobre ont été bien remplies, malheureusement les autres sessions ont été impactées du fait de la fermeture de l’aéroport.

Comment les programmes se sont organisés sur place ?
Les jeunes ont suivi les mêmes consignes et directives que les Israéliens, au gré des confinements et des déconfinements. En présentiel et en zoom… C’était compliqué, d’autant que certains n’avaient pas fait les excursions qui forment le ciment du programme Massa, pour que les jeunes se connaissent et puissent créer un groupe. Certains se sont sentis déprimés. Mais l’abnégation et l’envie de venir ont été récompensées, puisqu’aujourd’hui, ils reprennent une vie quasi-normale, par rapport à leurs camarades qui sont restés en France.
Ils peuvent entrevoir une fin d’année normale. Les cours de psychométriques ont déjà repris en présentiel et le reste va suivre…Ils finiront leur programme cet été, en juin/juillet. Et ils ont déjà commencé à rattraper les excursions qu’ils n’ont pas pu faire… Si la situation reste stable, beaucoup resteront en Israël, comme prévu.

Qu’en est-il de ceux qui sont partis faire des stages ?
Ils ont passé 5 mois en Israël… Ils ont pu travailler dans les entreprises. C’était plus simple. Certains de ces jeunes resteront un peu plus, avec un visa de travail. Ils préfèrent rester en Israël, plutôt que de rentrer en France pour être confinés, tenter une expérience professionnelle pour enrichir leur CV.

Que s’est-il passé pour les autres pays ?
Il y a eu beaucoup de participants venus d’Amérique de Sud et des Etats-unis. Les jeunes ne sont pas découragés !

Comment le gouvernement d’Israël a réagi vis-à-vis des participants Massa ?
Les participants ont obtenu une autorisation spéciale du gouvernent, en septembre/octobre, mais à partir de Janvier, l’aéroport étant fermé, ceux qui voulaient partir n’ont pas pu le faire. On a eu beaucoup de pression de la part des futurs participants et de leur famille, pour les faire partir en Israël.

Vous avez mis en place un programme spécial baptisé Remote…
De nombreux étudiants dépriment en France à cause de la situation… On a donc imaginé un programme Massa « spécial » pour des jeunes qui pourraient poursuivre leur cursus universitaire français en Israël, par Zoom, tout en bénéficiant de cours d’hébreu et d’excursions… Ils ont également la possibilité de se faire vacciner en Israël, comme tous les autres participants Massa. Malheureusement, le programme a été un peu différé à cause de la fermeture des frontières…et de l’incertitude.

Les participants Massa ont-ils droit au vaccin ?
Oui, tout à fait ! On ne les oblige pas bien sûr, mais ceux qui le souhaitent peuvent se faire vacciner. Un jeune de Massa, m’a dit dernièrement : ma grand-mère de 88 ans en France n’est pas encore vaccinée, alors que moi, je le suis déjà !

Comment se présente l’année 2021/2022 ?
On est un peu sur un fil… et on ne sait pas si les mesures seront un frein ou un accélérateur pour la participation à
Massa. En tous cas, ce qui est certain, c’est que si cela suit la courbe de l’alyah, alors on aura une très forte augmentation.

Pourquoi est-ce si important de soutenir Massa ?
S’il y a une cause dans la philanthropie qui a un impact immédiat et total sur la vie de celui qu’on aide, c’est bien le
programme Massa ! Le départ d’un jeune de 18 ans qui décide de faire un programme Massa se transforme souvent en une alyah réussie. Quand on donne à ce jeune une bourse qui lui permet de partir, on a changé sa vie et parfois la vie d’une famille entière qui voudra peut-être le suivre en Israël. On permet aussi à ce jeune de se relier à son identité, de
renforcer son lien avec la terre d’Israël et de faire de lui un ambassadeur d’Israël.
Aider les différents projets et notamment le projet Massa, c’est aider aussi la communauté juive de France. C’est permettre à un jeune qui est proche de nous, de pouvoir réaliser son rêve de passer un an en Israël… Par ce biais là on renforce notre communauté, et Israël, car on encourage un jeune de talent, qui a toute la vie devant lui pour apporter sa pierre à l’édifice.

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